ESPACE CULTUREL SAINT-MARC
Programmation 2007 – 2008
CINÉ-CLUB
Tout homme porte en lui l’enfant qu’il a été ou qu’il ne cesse pas d’être, comme le dit Freud. Enfance et origine ont partie liée. Mais les aléas de l’histoire personnelle, mêlés à l’Histoire universelle, nous soumettent dès notre plus jeune âge à l’épreuve du feu. Qu’est-ce qui transforme un jeune être, capable de tous les possibles, en héros, en adolescent violent, en chef de bande ou en meurtrier ? Le mal et le malheur interrogent tout particulièrement. Pouvons-nous légitimement rendre raison d’un comportement désastreux par le "poids" des circonstances ? Certes, cette fatalité rassure la raison, soulage étrangement nos consciences, qu’elle entraîne soit à une passivité réprobatrice, soit à une activité illusoire. Entre le "nous n’y pouvons rien" et l’injonction marxisante du "transformons tout", n’y a-t-il pas une autre voie qui invite essentiellement à traverser l’opacité du monde ?
Quatre films vont nous proposer cette approche différente du mystère absolu qu’est un regard d’enfant, ou d’adolescent, qui doit se maintenir pour transformer un être ou qui doit mourir pour laisser en l’autre, parfois en beaucoup d’autres, une petite flamme inépuisable.
En espérant qu’au-delà ou en-deçà des images, chacun reconnaisse en lui-même l’enfantine vérité de son âme, comme le suggèrent les derniers mots du roman de S. Beckett Le Solitaire : "Quelque chose de cette lumière qui m’avait pénétré resta. Je pris cela pour un signe."
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LA FUREUR DE VIVRE
Etats-Unis – Nicholas Ray -1955 – 1 h 48
Jeudi 18 octobre 2007 à 17 heures 45
Scénario de Irving Shulman et Stewart Stern,
avec James Dean (Jim Stark), Nathalie Wood (Judie), Sal Mineo (Platon)
et Corey Allen (Buzz).
Jim Stark, fils d’un couple désuni, s’installe dans une nouvelle ville. Adolescent à problèmes, il décide de s’engager dans une meilleure voie en s’intégrant à son entourage. Mais sa détermination est tragiquement mise à l’épreuve par une bande de son collège.
Emblème de la jeunesse rebelle, thème privilégié du cinéma américain des années 50, ce film apporte une analyse sociologique d’une génération incomprise et révoltée, mais aussi une réflexion philosophique sur les rites de passage obligés et le franchissement des limites.
Les relations parents-enfants sont-elles irrémédiablement conflictuelles ?
Y a t-il une issue possible au déchaînement de la violence ?
On l’a dit et redit : "film culte"… alors, venez vérifier !
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TERRE ET CENDRES
Afghanistan – Atiq Rahimi - 2005 – 1 h 45
Jeudi 06 décembre 2007 à 17 heures 45
Adaptation du roman éponyme écrit par le réalisateur lui-même,
avec Abdul Ghani, Jawan Mard Homayoun, Walli Tallosh, Chahverdi Guilda, ...
Un pont, une rivière asséchée dans un paysage désolé, un vieillard, un petit enfant, et puis l’attente. Rien ne bouge ou presque. Nous sommes en Afghanistan, pendant la guerre avec l’Union Soviétique. Le vieil homme va annoncer à son fils qui travaille à la mine, le père du petit, qu’au village tous sont morts sous un bombardement. Il parle, il pense : parole nue qui dit la souffrance, la solitude, la peur de n’être pas entendu.
Hiératique, symbolique et profond, Terre et cendres est un film magnifique sur les désastres de la guerre d’abord, sur le drame des enfants qui en sont les victimes, mais aussi une méditation universelle sur les crises de l’histoire humaine. Approche inspirée de ce pays ravagé, où les valeurs du passé sont bafouées par les trahisons politiques, où l’espoir est paralysé par le poids des conflits la caméra saisit l’espace et le temps, en progression chromatique de l’ocre et du brun au gris et noir : de Turner à Goya….
A voir absolument !
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Le FILS
Belgique – Jean-Pierre et Luc Dardenne – 2002 – 1 h 43
Jeudi 7 février 2008 à 17 heures 45
Scénario des frères Dardenne,
avec Olivier Gourmet, Morgane Marinne, Isabella Soupart, Rémi Renaud, Kévin Leroy
Olivier est formateur en menuiserie dans un centre de réinsertion sociale, silencieux, énigmatique, il vit seul après son divorce mais le drame de sa vie a eu lieu quelques années plus tôt : son fils a été tué par un petit voyou ....
Un récit minimaliste et angoissant. Une magnifique réflexion sur le pardon et la longue route qui y mène
Peut-on échapper au désir de vengeance ?
Le pardon est-il compatible avec la justice ?
La caméra à l’épaule, les réalisateurs revendiquent un art filmique sans fioritures, au service des problèmes de société. Cinéma militant, mais jamais prosélyte, toujours bouleversant.
Impossible à ignorer !
L’ENFANCE D’IVAN
URSS – Andreï Tarkovski -1962 – 1 h 32
Jeudi 6 mars 2008 à 17 heures 45
Scénario de Vladimir Bogomolov
Avec Nicolaï Burlyaiev, Valentin Zubkov, et E. Zharikov
Orphelin depuis l’assassinat de sa famille par les nazis, Ivan, 12 ans, est devenu éclaireur dans l’armée russe. Contre l’aval de ses supérieurs, il accepte une dernière mission délicate…
Premier film d’Andreï Tarkovski, L’enfance d’Ivan contient tous les germes de la grande œuvre à venir. Tarkovski lie, ici, le destin individuel d’un petit garçon à une grande tragédie humaine et universelle. La violence de la guerre contraste avec la douceur des songes de l’enfant, vision pastorale d’une Russie idéalisée. Les images filmées dans un noir et blanc sublime évoquent La Nuit du Chasseur, le chef d’œuvre de Charles Laughton, d’ailleurs son unique film.
Tarkovski fait partie de ces cinéastes d’exception qui, comme Robert Bresson, nous oblige à saisir "la présence d’un ailleurs indicible par delà l’impénétrable silence du monde". L’art de Tarkovski capte les signes de l’absolu au-delà de l’obscurité du réel. De l’art au monde, de l’art à l’absolu.
Surtout, ne le manquez pas !
Toutes les séances de ciné-club ont lieu salle Sainte-Hélène
Tarif : 2 € par séance (pour payer les droits de projection des DVD)
Abonnement possible : 6 € les quatre séances.
Les billets se prennent chaque fois à l’entrée. L’abonnement aux quatre séances se prend à l’entrée de la première séance.
Ce ciné-club est ouvert à tous, notamment aux habitants du 2ème arrondissement.