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Petite histoire de la rue Boissac "
L'histoire commence avec la construction des deux hôtels du 6 et du 8 au XVIIème siècle, en 1646 précisément. Ce sont les seuls hôtels particuliers du XVIIème siècle dans ce quartier.
Le 6, hôtel de Fleurieu, habitation de la famille de Boissat, abrita des visiteurs illustres : La Fontaine, Voltaire, J.J. Rousseau. La Fontaine, dit-on, y composa et y data la fable du " Chien portant au cou le dîner de son maître ", à partir d'une coutume lyonnaise où des chiens dressés portaient les repas des restaurateurs aux hôtels particuliers.
L'hôtel de Fleurieu fut acquis au lendemain de la Révolution Française par Thérère Marie Françoise Bottu, Comtesse de la Barmondière, pour abriter son frère malade. A la mort de celui-ci, et voulant contribuer à l'éducation chrétienne des jeunes filles, Madame de la Barmondière se mit en rapport avec Sainte Madeleine-Sophie et le Sacré-Cceur de la Ferrandière, fondé en 1819 à Villeurbanne.
Le 14 mai 1827 marque la date de naissance du Sacré-Coeur de la rue Boissac : la Mère Geoffroy, accompagnée de la Mère de Charbonnel, prenait possession de la maison. Un vaste jardin s'étendait alors jusqu'à la Rue du Plat, on y voyait une vache paître l'herbe fraîche, et poires et raisins y mûrir au soleil... Le Pensionnat ne comptait alors pas plus de 70 élèves.
C'est à Lyon, dès 1832, que fut fondée la première Congrégation des Enfants de Marie. Dix ans plus tard, le 20 août 1842, mourrait Madame de la Barmondière. La maison garde la mémoire de cette insigne bienfaitrice, puisqu'elle est placée sous le patronage de Sainte Thérèse, sa patronne.
En 1858, la Société du Sacré-Coeur acquiert le Domaine des Anglais, aujourd'hui la Roseraie et le Stade Saint Marc, pour les internes de la rue Boissac. La Rue Boissac devient donc " Externat du Sacré-Coeur " pour les filles de 3 à 10 ans. Ce ne fut qu'à partir de 1876 que toutes les classes furent représentées rue Boissac, ce qui exigea la construction du bâtiment du fond et de la galerie , " Le Petit Versailles " qui le reliait au bâtiment principal, et l'achat, en 1891 du n°8.
En 1893, la Société du Sacré-Coeur acquiert aussi le terrain sur lequel sera construite la Chapelle. Celle-ci présente une architecture intérieure de style composite et un mobilier néogothique qui forment un ensemble harmonieux. La pièce maîtresse est la grande verrière de Lucien Bégule représentant l'Assomption (carton de Tony Tollet).
Nous arrivons à la période dite des Expulsions, avec la fermeture des écoles " congréganistes ". En 1901, le 6 est vendu à Monsieur Rotzard de Hertaing. De même pour le 8, vendu à Monsieur Jourda de Vaux. Une association d'anciennes élèves se crée pour garder les immeubles loués en appartements.
1920 : l'externat est réouvert, avec une directrice laïque qui restera directrice légale jusqu'en 1924. On récupère petit à petit les locaux loués. Le dernier fut libéré en 1974, le 2ème étage du n° 8, occupé par la famille Rendu.
L'Externat reprend son cours jusqu'en 1970, date où se crée le Centre Saint Marc : nos classes secondaires fusionnent avec celles des Jésuites et des Ursulines ; nous gardons sur place les classes Primaires, devenues celles de la " Presqu'île " par absorption de différentes écoles du quartier. Un " Technique court " est également ouvert. Une religieuse du Sacré-Coeur enseigne à l'école Boissac jusqu'en juin 2001.